Ces jours où on avance au ralenti
Un texte pour celles et ceux qui culpabilisent de ralentir — alors qu’il s’agit souvent du corps qui porte trop, trop longtemps.
1. Quand tout devient plus lourd que d’habitude
Il y a des jours où l’on avance au ralenti. Pas parce qu’on manque de volonté, ni parce qu’on n’est “pas motivé”. Mais parce qu’un poids invisible tire tout vers le bas.
On se sent lent·e, dispersé·e, moins efficace. On met plus de temps à réfléchir, à répondre, à commencer, à finir.
Et presque automatiquement… on culpabilise :
“Je suis paresseux(se). Je ne fais rien. Je devrais être plus productif(ve).”
Alors qu’en réalité, ce n’est pas de la paresse. C’est du trop-plein.
2. Le corps sait avant nous
Quand on porte trop longtemps :
- des émotions non exprimées,
- des inquiétudes qu’on garde pour soi,
- une charge mentale sous-estimée,
- des responsabilités qu’on ne peut pas poser,
- des tensions qu’on “tiendra plus tard”,
le corps finit par ralentir tout seul.
Ce n’est pas un bug. C’est un système de protection.
“Tu ne veux pas t’arrêter ? Alors je vais t’obliger à lever le pied.”
3. Le ralentissement : un message, pas une faiblesse
Avancer au ralenti n’est pas un défaut.
C’est souvent :
- un besoin d’intégrer ce qui nous traverse,
- un moyen de récupérer après une période dure,
- un espace pour respirer entre deux charges,
- un signal que notre espace intérieur doit s’ajuster,
- la manifestation d’une fatigue émotionnelle non reconnue.
Ce n’est pas un manque de courage. C’est un excès de charge.
4. Ce que nos “jours lents” veulent nous dire
Ces jours-là, il y a un message précis, même s’il chuchote.
Il dit souvent :
- “Tu portes trop seul(e).”
- “Tu n’es pas reposé(e) émotionnellement.”
- “Tu as dépassé tes limites sans t’en rendre compte.”
- “Ton corps te protège en te ralentissant.”
Ce ne sont pas des journées de paresse. Ce sont des journées de poids accumulé.
5. Revenir à soi, doucement
On ne “force” pas un corps qui ralentit. On l’écoute.
Revenir à soi peut ressembler à :
- faire une tâche à la fois,
- respirer plus profondément,
- s’autoriser une vraie pause,
- ne pas répondre immédiatement,
- alléger ce qu’on peut,
- accepter de ne pas être à 100% aujourd’hui,
- renoncer à la vitesse pour retrouver la justesse.
Parce que ce n’est pas une performance qu’on doit accomplir.
C’est un poids qu’on doit reconnaître. Et peut-être, enfin, déposer.